Pépé Balamou prévient : «Si d’ici vendredi aucun terrain d’entente n’est trouvé, la grève sera réactivée dès le lundi 20 avril»
À l’occasion d’une assemblée générale tenue ce samedi 11 avril 2026 à la Bourse du travail, l’intersyndicale de l’éducation FSPE-SNE a annoncé le déclenchement d’une grève générale sur toute l’étendue du territoire national à partir du lundi 20 avril prochain. Les syndicats exigent l’application rigoureuse du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026.
Toutefois, l’intersyndicale accorde un moratoire d’une semaine au gouvernement pour satisfaire ses revendications. Durant cette période, elle exige la mise en place de commissions de négociation pour débattre des points de l’accord restés en suspens.
« Nous donnons au gouvernement jusqu’à vendredi prochain pour que le ministre et le chef du gouvernement se saisissent du dossier. Nous exigeons que la mise en place des trois commissions, issue du protocole d’accord du 3 janvier 2026, soit effective dès lundi. Si, d’ici vendredi, les arrêtés conjoints ne sont pas signés et les commissions ne sont pas installées, nous convoquerons une assemblée générale extraordinaire et décisive le samedi. »
Il a précisé que cette rencontre servira de point de départ officiel au débrayage du lundi 20 avril 2026.
« Nous n’aurons même plus besoin de déposer un préavis, car la grève initiée le 1er décembre 2025 n’était que suspendue. Si, du lundi 13 au vendredi 17 avril, aucun terrain d’entente n’est trouvé, la grève sera réactivée dès le lundi 20 avril. »
Le secrétaire général du SNE a exhorté les enseignants guinéens à une mobilisation massive pour défendre leur « honneur et leur dignité ».
« Allez sur le terrain, dans les écoles, pour informer et sensibiliser les collègues. Préparez-vous pour le 20 avril. Cette fois-ci, si la grève est lancée, il n’y aura pas de suspension. Nous négocierons tout en restant en grève, car les suspensions précédentes ont été utilisées pour nous affaiblir et nous déséquilibrer. »
Face à cette menace, Michel Pépé Balamou a appelé l’État à prendre ses responsabilités pour éviter de paralyser le secteur à l’approche des examens de fin d’année et dans un climat marqué par les élections législatives et communales.
« La période est très sensible. J’appelle le gouvernement à prendre la mesure de la situation. On nous accusera peut-être d’être instrumentalisés par les politiques, mais la réalité est là : les examens nationaux approchent. Nous essayons encore de rattraper les cours perdus en septembre ; si nous n’avons pas eu de congés de Pâques, c’est à cause de la grève de décembre. Le gouvernement doit comprendre que ceux qui prétendent pouvoir empêcher ce mouvement n’ont plus la confiance des enseignants. »
L’intersyndicale se dit disposée à œuvrer pour la stabilité, à condition qu’un cadre de négociation rapide soit instauré pour éviter l’échéance du 20 avril.