NAÎTRE FEMME
À ma première bouffée d’air,
J’étais condamnée pour être
À six mois à peine, mon petit
À quatre ans, je suis passée
À huit ans, mon destin était
On m’avait promise à un
Il paraît que même l’enfance
À dix ans, mes cahiers ont
Il fallait m’apprendre à
Depuis, dans le grand
Il frappe, je résonne.
Il cogne, je hurle.
Et l’on appelle cela la vie
Marionnette d’une société qui
Je suis le chef-d’œuvre d’un
Souffre-douleur par défaut,
Giflez-moi : je tendrai l’
Étranglez-moi : je m’
Opprimez-moi donc.
J’ai appris si tôt à courber
Me sacrifier est devenu une
À force de m’oublier pour les
Mes douleurs ? Des caprices.
Mes blessures ? Des
Mes cris ? Des appels à l’
J’ai le devoir de subir, mais
Car réclamer mes droits
Et refuser l’inacceptable
Le féminicide gagne du
Mais c’est le féminisme que l’
Mon existence serait une
Mon corps, une provocation.
Ma liberté, une menace.
Je serais à la source du
On me rend responsable des
Des actes que je n’ai pas
Des violences que je n’ai pas
Mes menstrues sont taboues,
Mon sang dérange,
Mon corps fait honte.
Jusqu’au jour où il faut
Alors, soudain, mon ventre
Oh, dites-moi…
Qui suis-je ?
Je suis la fille de.
La femme de.
La mère de.
La sœur de.
Je suis celle dont on célèbre
mais dont on méprise les
Celle à qui l’on confie le
Tout en lui arrachant le
Je suis celle qu’on appelle
alors même que je porte sur
et que je retiens, de ma
les cris d’un monde qui
Je suis une femme.
Et dans un monde qui m’a
naître femme n’a jamais été
C’est le monde qui a fait de
De l’indignation à l’action
Dénoncer les violences est
Il ne suffit pas de montrer
C’est cette conviction qui
À travers cette fondation,
La FELD a également contribué
Ces actions ne prétendent pas
Je ne veux plus d’un monde où
C’est le sens de notre
Car l’égalité n’est ni une
Je suis une femme. Naître
Par Kadja Ashantewa Diallo
Présidente de la Fondation