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Journée mondiale de l’enseignant : Le SLECG exige le respect intégral des accords et l’amélioration du statut des éducateurs

À l’occasion de la célébration en différé de la Journée mondiale de l’enseignant au siège du syndicat à Donka, la secrétaire générale du SLECG, Kadiatou Bah, a dressé un diagnostic sans concession du secteur de l’éducation en Guinée. Entre reconnaissance du travail accompli, appels à l’application rigoureuse des accords signés et urgence de revaloriser la profession, le syndicat a réaffirmé son rôle d’avant-garde.

​C’est sous le thème « Aux côtés du personnel enseignant : protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs » que le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) s’est réuni ce samedi à Donka. Autour de la secrétaire générale Kadiatou Bah, de nombreux enseignants venus de divers horizons et des représentants des structures syndicales se sont rassemblés pour interroger les conditions de vie et de travail des éducateurs guinéens.

​Dès l’entame de son discours au nom du bureau exécutif, Kadiatou Bah a tenu à rendre un hommage appuyé à l’ensemble du corps enseignant et aux chercheurs du pays, « du maître du primaire en zone rurale jusqu’au professeur d’université ».

​Elle a notamment souligné le dévouement exceptionnel des éducateurs qui, malgré le manque de matériel pédagogique et des conditions du quotidien souvent précaires, « continuent à tenir le flambeau de la connaissance pour former les cadres de la Guinée de demain ». Toutefois, la responsable syndicale a rappelé avec fermeté que « célébrer l’enseignant tout en ignorant ses difficultés serait une contradiction », plaidant pour que le respect envers l’enseignant se traduise concrètement dans les actes et pas seulement dans les discours.

​Revenant sur les avancées sociales, le SLECG a réaffirmé son attachement au dialogue social constructif, tout en saluant les progrès issus du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation. Cet accord prévoit notamment des revalorisations liées aux primes de préparation et de crèche, l’attribution d’indemnités de logement et de transport, le règlement des salaires bloqués et le reclassement des enseignants, la régularisation de la situation des enseignants contractuels.

​Cependant, Kadiatou Bah a rappelé avec force que la signature d’un accord ne constitue qu’une étape : « La véritable valeur d’un accord réside dans son application effective. La parole donnée doit être suivie d’effets. » Le SLECG exige désormais l’accélération des engagements restants, à commencer par le respect intégral du protocole et la mise en place d’un mécanisme permanent de suivi.

​Au premier rang des revendications figure la finalisation, l’adoption et l’application effective du statut particulier du personnel de l’éducation. Ce cadre réglementaire, actuellement en cours de révision dans le cadre de commissions mixtes Gouvernement-Syndicats, doit apporter des garanties claires sur les carrières, les grilles de rémunération, les indemnités et les conditions de travail.

​Sur le plan financier et administratif, le syndicat réclame une poursuite des efforts de revalorisation salariale pour faire face à la hausse du coût de la vie. Kadiatou Bah a insisté sur la régularisation diligente des situations administratives (échelons, indices, avancements) et le déblocage des salaires impayés : « Un enseignant qui travaille doit être payé, c’est un principe élémentaire de justice sociale. »

​Concernant le dossier sensible des enseignants contractuels, le SLECG exige un traitement empreint de transparence et d’équité, conformément aux engagements de la commission chargée d’examiner les dossiers.

​Outre les questions salariales, le syndicat remet au centre du débat les conditions matérielles d’apprentissage. Salles de classe suffisantes, mobilier adapté, manuels scolaires, laboratoires, installations sanitaires et accès à l’eau potable doivent devenir des priorités nationales, sans oublier des mesures spécifiques pour les enseignants affectés dans les zones rurales reculées.

​En conclusion de cette journée de mobilisation, le message transmis au gouvernement et aux décideurs se veut direct : « L’enseignant ne demande pas la faveur de la République, il demande la reconnaissance de son travail. Il ne demande pas des privilèges, il demande des conditions dignes. »

​Le SLECG a réitéré sa disponibilité au dialogue tout en promettant une vigilance de chaque instant, appelant à un rassemblement général pour renforcer l’école publique et freiner la privatisation rampante du système éducatif guinéen.

Facinet Camara 620794714

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