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Batouly Kaba : « Les maladies invalidantes ne sont pas une fatalité, elles peuvent être évitées »

​Le Ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités a lancé une vaste campagne d’information et de sensibilisation sur les maladies invalidantes et les malformations congénitales. Cette initiative, portée par le Centre National d’Orthopédie (CNO), cible notamment le diabète, les AVC et les traumatismes liés aux accidents de la circulation. Elle vise à conscientiser les populations des 13 communes de Conakry sur des pathologies qui pèsent lourdement sur le développement socio-économique de la Guinée.

​Selon la Directrice générale du CNO, Batouly Kaba, environ 2,2 % de la population est touchée par des malformations congénitales ou d’autres formes de handicap qui pourraient pourtant être évitées.

​« Il y a au moins 2,2 % d’enfants qui meurent des suites de ces maladies. Quant aux accidents de la circulation, aux AVC ou aux arthroses, la prévention est la clé. En agissant en amont, nous pouvons éviter de nombreux drames », explique-t-elle.

Pendant deux jours, les cadres du ministère et les experts du centre orthopédique vont aller à la rencontre des citoyens pour promouvoir des comportements préventifs. L’objectif est clair : réduire l’incidence du handicap, un phénomène en forte croissance qui freine l’élan économique du pays.

​Au-delà de l’aspect médical, cette campagne s’attaque à un fléau social : la stigmatisation. Batouly Kaba rappelle que le manque d’information pousse parfois les familles à des interprétations erronées.

​« Le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, a fait de la protection des personnes handicapées et des enfants une priorité. Trop souvent, les enfants nés avec des malformations sont stigmatisés ; certains parents pensent même qu’ils portent malchance. C’est un manque de sensibilisation. Si les populations sont informées à temps et qu’il y a une prise en charge précoce, tout change. »

​La Directrice insiste sur le fait que de petits changements d’habitudes peuvent produire de grands résultats. Elle cite notamment une meilleure hygiène de vie pour contrer les AVC (réduction du sel, du sucre et du gras) et un suivi médical rigoureux durant la grossesse. En plus de sauver des vies, la prévention permet de préserver les finances publiques :

​« L’État dépense des sommes colossales pour la prise en charge du handicap. En prévenant ces situations, nous évitons une véritable saignée financière. »

​Mme Kaba a profité de cette tribune pour souligner les avancées réalisées par le Centre National d’Orthopédie depuis 2022. Autrefois méconnu, l’établissement dispose aujourd’hui d’équipements modernes et de ressources humaines renforcées.

​« Depuis l’avènement du CNRD, le centre est devenu opérationnel et fonctionnel. Nous avons pu prendre en charge plus de 4 000 personnes en situation de handicap. Pour pallier le vieillissement du personnel, l’État a également soutenu la formation académique de 15 techniciens, actuellement en cursus de trois ans au Togo », a-t-elle conclu avec optimisme.

La Directrice générale, Batouly Kaba, a conclu en demandant à la population de faire confiance au Centre national d’orthopédie, qui dispose désormais des moyens logistiques et du personnel qualifié nécessaires à la prise en charge des personnes atteintes de maladies invalidantes.

Là Rédaction

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